Créé en 2007 pour accueillir tous les jeunes ivoiriens qui se sont familiarisés au maniement des armes, pour les encadrer et les former à divers métiers en vue de leur resocialisation, le Programme du Service Civique National (PSCN), est opérationnel depuis 2008. Le premier des centres qui accueilleront les ex-combattants à cet effet a été ouvert le mercredi 06 mai 2009 à Bouaké. Invité, le Programme National de Réinsertion et de Réhabilitation Communautaire (PNRRC) était représenté à cette cérémonie par son Chef du Bureau Régional de Bouaké.
Situé au quartier Kennedy, le Centre de Formation pour la Réinsertion (CFR) qui a déjà accueilli un premier groupe de 250 ex-combattants démobilisés en 2008, va d’abord recevoir 500 pensionnaires pour une période variant de 3 à 6 mois. Dr. Bogolo Adou Georges, Coordonnateur Adjoint du PSCN, au cours de la rencontre qu’il a eu avec les cibles au Bureau de Gestion des Démobilisés (BGD), il y a quelques jours, avait appelé les démobilisés à confirmer leur inscription du 28 au 02 mai 2009. Les concernés ont donc investi les locaux du centre situé sur la route de M’Bahiakro, ce matin avec l’espoir de démarrer ce programme qui leur donnera les outils de leur réinsertion. Cette opération, aux dires du Pr. OUATTARA André, représentant le Secrétaire Général des Forces Nouvelles, est une « question essentielle de l’ensemble du processus de paix, d’autant plus que si la réinsertion est mal conduite, les populations risquent de connaître des situations difficiles au lendemain des élections ». C’est pour cela qu’il a encouragé le PSCN à consolider « ses relations avec le Bureau de Gestion des Démobilisés (BGD)’’ qui disposerait des fichiers concernant les démobilisés, accessibles à tout bailleur ».
« Cette formation, après la phase pilote, va toucher près de 2500 personnes de la zone3, a tenu à préciser le coordonnateur régional de la GTZ, opérateur technique du programme ».
Financé par le Gouvernement ivoirien, l'Union Européenne et la Banque Mondiale, le PSCN permettra à terme à 12 000 jeunes au plan national’’ de suivre une formation civique et professionnelle afin de faire d’eux des « citoyens autonomes économiquement ».
Le PSCN exclu d’office tous les ex-combattants démobilisés de moins de 18 ans et de plus de 35 ans et tous ceux ayant déjà bénéficié d’un projet de réinsertion notamment au niveau du PNRRC. Pour sa mise en œuvre, le Coordonnateur du PSCN dit « compter énormément sur le Maire de Bouaké qui les connaît mieux et sans qui le programme ne pourrait travailler ». « Le temps de la guerre étant révolu et le contexte étant celui de la paix’’, selon M. Malan Jean Paul, les ex-combattants démobilisés, qu’il a remercié au passage pour le choix du PSCN, devront désormais privilégier le travail qui les valorisera ; le plus important étant d’apprendre un métier qu’il mettront en pratique plus tard pour reconstruire la Côte d’Ivoire ».
Cette cérémonie a donné l’occasion aux personnalités présentes au nombre desquels, le représentant du Maire, de visiter les différentes salles de classe destinées aux formations en couture, mécanique, coiffure, électricité etc.
Comme l’a souligné le représentant du Secrétaire Général des Forces Nouvelles, ce programme a besoin du soutien continuel de bailleurs de fonds avec beaucoup plus de moyens. Les moyens, les centres de formation de Man, M’Bahiakro et autres dont l’ouverture est prévue prochainement, en auront besoin également pour former, donner « un repas chaud chaque midi » et honorer bien d’autres engagements vis – à – vis des ex-combattants démobilisés.